Ryuichiro Suzuki

Ryuichiro Suzuki

Je m'appelle Ryuichiro Suzuki, président de ZAISO LUMBER, entreprise du bois fondée il y a plus de 330 ans

M. Ryuichiro SUZUKI, vous êtes l'un des membres de l'Association les Hénokiens, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

> R.S. : Je m'appelle Ryuichiro Suzuki et je suis né en 1960 à Nagoya. Après mon diplôme universitaire, j'ai travaillé pendant trois ans dans une société de commerce à Tokyo, puis j'ai rejoint l'entreprise familiale. J'aime le sport : je pratique toujours le tennis et le golf, et je suis avec enthousiasme les compétitions sportives, qu'il s'agisse du baseball, du football, des Jeux Olympiques ou de bien d'autres disciplines.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et ses activités ?

> R.S. : ZAISO LUMBER exerce ses activités dans le secteur du bois depuis plus de 330 ans. La nature de ce secteur a toutefois évolué au fil du temps, tout comme nos modèles économiques. Depuis peu, nous nous sommes également lancés dans des activités sans lien avec le bois, comme le transport, les services de sécurité ou la pose de châssis.

Quels sont pour votre entreprise les faits marquants de ces dernières années ?

> R.S. : En 2015, nous avons retiré de la cote DAINIHON WOOD-PRESERVING, l'une des sociétés de notre groupe, dans le cadre d'un rachat par les cadres (MBO). Le groupe ZAISO DMB HOLDINGS est ainsi redevenu une entreprise familiale privée.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets majeurs à plus ou moins long terme ?

> R.S. : Je m'intéresse à l'amélioration de l'environnement et à la promotion des ODD (Objectifs de Développement Durable). Exploités, replantés et régénérés, les forêts et le bois contribuent à l'absorption du CO₂. Nous sommes déjà engagés dans la production d'énergie solaire et éolienne à petite échelle. À l'avenir, nous souhaitons nous développer dans l'hydroélectricité à petite échelle et le stockage par batterie.

Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer la longévité de votre entreprise ?

> R.S. : Même si notre activité est toujours restée centrée sur le bois, je pense que notre longévité tient à notre capacité à adapter notre fonctionnement à l'évolution des temps.

L'extraordinaire longévité de votre entreprise constitue-t-elle un argument dans la relation avec vos clients ?

> R.S. : Notre plus grand atout, après tant d'années d'activité au niveau local, est la confiance que nous avons gagnée en tant qu'entreprise qui fait face et ne se dérobe jamais.

Les valeurs traditionnelles qui font la force de votre entreprise constituent-elles également un atout en matière de recherche et d'innovation ?

> R.S. : Je pense que notre volonté farouche d'assurer la pérennité de l'entreprise nous a poussés à réfléchir à la manière de nous adapter aux temps à venir.

Quels sont les principaux écueils que votre entreprise doit éviter pour ne pas perdre son indépendance ?

> R.S. : Je pense qu'une introduction en bourse comporterait le risque de voir nos actions rachetées par une autre entreprise.

La volonté de votre famille de garder l'entreprise indépendante a-t-elle nécessité au fil des siècles des choix difficiles ?

> R.S. : Lorsque l'une des sociétés de notre groupe était cotée en bourse, nous avons fait face à des tentatives d'OPA hostile et avons été confrontés à diverses exigences de la part d'« actionnaires activistes ». C'est pourquoi nous avons réalisé un MBO.

La transmission de votre entreprise à un membre de votre famille est-elle régie par des règles clairement établies ?

> R.S. : Il n'existe pas de règles strictes, mais la coutume familiale veut que le fils aîné devienne l'unique successeur.

La nouvelle génération est-elle déjà dans l'entreprise ?

> R.S. : Oui. Mon fils aîné, âgé de 38 ans, travaille déjà dans l'entreprise, où il occupe un poste de directeur exécutif.

Auriez-vous un message à communiquer à toutes celles et ceux qui voudraient se lancer dans la création de leur entreprise familiale ?

> R.S. : Si vous ne déterminez pas dès le départ qui détiendra la propriété de l'entreprise et de ses actions, vous vous exposez à des problèmes par la suite.