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Pina
Amarelli

Notre famille est arrivée en Calabre avant l’an 1000 mais la fabrication proprement dite du réglisse a réellement débuté en 1731

Mme Amarelli, vous êtes Président de l’association les Hénokiens depuis bientôt deux années. C’est donc à ce titre que vous avez la primeur d’inaugurer la nouvelle rubrique du site Internet de l’association«Portrait d’un Hénokien ». Vous exercer au sein de votre entreprise la double fonction de Directeur pour la stratégie et la communication et celle de Président du Musée Amarelli. Qui mieux que vous pouvait nous présenter votre entreprise et ses activités.

> Pina Amarelli : Notre famille est arrivée en Calabre avant l’an 1000 mais la fabrication proprement dite du réglisse a réellement débuté en 1731. Depuis cette date jusqu’à aujourd’hui , on y produit des bâtons et billes de réglisse transformés à partir du suc tiré des racines et concentré sur le feu ce, avec une organisation technologique très développée. Le produit final est un réglisse pur de très haute qualité, totalement naturel, sans additif ni édulcorant, au goût très agréable et à la saveur particulière.

Quelle est l’implication de votre famille dans l’entreprise ?

> P.A. : Notre famille a la charge de la direction stratégique de l’entreprise et, plus globalement, nous sommes huit Amarelli au management qui couvre à la fois la fabrication du réglisse et le Musée.

Quels sont, pour vous, les faits marquants de la société Amarelli depuis ces dernières années ?

> P.A. : L’événement le plus important de ces dernières années pour notre entreprise c’est l’ouverture de notre musée du réglisse « Giorgio Amarelli », témoin de l'activité industrielle de notre famille dans sa région à travers, notamment, une exposition de vieux outils agricoles, de machines anciennes utilisées dans la fabrication du réglisse et de documents d'archives. Le musée a reçu le Prix Guggenheim Entreprise & Culture de l’année 2001. Je note également que Europa Nostra, association pour la défense du patrimoine architectural et des arts en Europe a apprécié notre projet de restructuration globale de l’entreprise.

Comment expliquer la longévité de votre entreprise ?

> P.A. : Très simplement par l’attention permanente que nous portons à l’éthique dans l’entreprise et par la valorisation depuis l’origine d’un produit traditionnel et de son terroir.

Est-ce que cette extraordinaire longévité constitue un argument dans la relation avec vos clients ? 

> P.A. : Elle est primordiale car, à travers et grâce à elle, nous pouvons offrir un standard de qualité constant qui constitue la « marque » de notre famille et permet d’entretenir des relations de confiance entre nous et nos clients.

Est-ce que ces valeurs de traditions qui guident l’entreprise constituent un atout en matière de recherche et d’innovation ?

> P.A. : A l’évidence oui car notre savoir faire ancestral et la connaissance de notre métier nous permet de savoir quelles sont les bonnes idées à développer et surtout celles, parfois séduisantes, qui n’ont aucune chance de réussite.

Quels sont, selon vous, les pièges les plus importants auxquels votre entreprise doit faire face pour conserver son indépendance ? 

> P.A. : Il faut surtout respecter les institutions, c’est-à-dire l’ensemble des organismes officiels avec lesquels une entreprise comme la notre est amenée à collaborer mais sans jamais en devenir les esclaves !

La volonté de votre famille de garder cette indépendance a-t-elle nécessité au fil des siècles des choix difficiles ?

> P.A. : Je citerais les changements qui sont intervenus après la chute des Bourbons en 1860 qui on modifié les conditions économique de l’économie du Sud de l’Italie et, bien évidemment, la crise qui a suivit la grande guerre de 1945 et ça va sans dire, les dernières années, très difficiles pour tout le monde .

La transmission de l’entreprise à un membre de votre famille est-elle régit par des règles clairement établies ?

> P.A. : Il existe effectivement des règles mais on veille à les adapter pour chaque génération au contexte du moment.

La nouvelle génération travaille-t-elle déjà dans l’entreprise ?

> P.A. : Oui. Il y a mes neveux Fortunato qui est CEO, Margherita qui s’occupe du marketing et mon fils Giuseppe s’occupe du juridique et du Code Ethique. Quand à un autre de mes neveux, Marco, il s’occupe de l’Archive.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets majeurs à plus ou moins longs termes ?

> P.A. : Pour le musée, nous allons développer une promenade naturaliste autour de l’exposition, nous avons réalisé un Musée en plain air et en ce qui concerne les produits, nous avons grandit la gamme de produits en réalisant de l’eau de Cologne, des pâtes, de la liqueur à l’ancienne, tous aromatisés avec notre réglisse.

Auriez-vous un message à communiquer à toutes celles et ceux qui voudraient se lancer dans la création de leur entreprise familiale ? 

> P.A. : Je leur conseillerais de bien étudier le contexte économique, de faire preuve de créativité et de fantaisie sans jamais aller au-delà de ce qui est raisonnable, de s’entourer d’une équipe en plein accord avec le projet, de partager avec elle les succès et enfin, de toujours envisager l’avenir en s’inspirant du passé.