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Christophe
Hentsch

Je représente la 7ème génération de la famille Hentsch

M. HENTSCH, votre entreprise Lombard Odier est l’un des membres suisses de l’Association les Hénokiens, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

> Christophe HENTSCH : Je suis marié, père de 3 enfants, habitant à Genève et heureux Associé de Lombard Odier, Maison de Banquiers Privés au sein de laquelle je représente la 7ème génération de la famille Hentsch. Notre entreprise pratique une activité et une seule, à savoir protéger, faire croître et transmettre les patrimoines qui nous sont confiés. A ce titre nous nous efforçons depuis 1796 d’être dignes de ces quelques mots envoyés par Jean-Gédéon Lombard et Henri Hentsch pour annoncer à leurs futurs clients leur association:
«Chacun de nous apporte un contingent de fonds et d’expérience qui, nous osons nous en flatter, doit nous mériter votre confiance ».

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et ses activités ?

> CH. : Aujourd’hui, notre Maison est active dans près de 20 pays avec environ 1900 collaborateurs. Notre rôle principal est de conseiller nos clients dans la gestion de leur patrimoine. Ceci implique aussi bien une approche intelligente de l’investissement que des compétences concernant les différents aspects juridiques et successoraux. Notre taille et notre présence internationale nous permettent de conseiller nos clients mais aussi de déterminer des opportunités d’investissements dans toutes les régions du monde.
Nous gérons aussi les avoirs d’importantes caisses de pensions, et assurons la conception ainsi que la distribution de fonds d’investissements.

Quels sont, pour votre entreprise, les faits marquants de ces dernières années ?

> CH. : Evidemment, la crise financière dite des subprimes a eu un impact conséquent sur le secteur bancaire dans son ensemble. Quoique nous ayons ressenti comme tout un chacun les effets négatifs de cette crise, notre expérience et notre modèle particulier nous ont permis de la traverser sans trop de heurts. N’ayant jamais investi de manière inconsidérément risquée et ayant surmonté plus d’une quarantaine de crises au cours de notre histoire, nous avons pu garantir à nos clients une grande sécurité et faire rayonner notre modèle d’affaires auprès d’un public plus large qui en a immédiatement compris les forces.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets majeurs à plus ou moins long terme ?

> CH. : Concrètement, adaptabilité et anticipation exigent de nous que nous apportions des réponses aux questions qui se posent et se poseront concernant la mondialisation ou l’impact qu’a la finance sur l’environnement et la société.
Nous développons entre autres des fonds innovants, fondés sur des thématiques comme le changement démographique ou la croissance des pays émergents et dont les risques sont maîtrisés selon nos standards exigeants.

Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer la longévité de votre entreprise ?

> CH. :La volonté de ne faire qu’un seul métier et de ne pas nous disperser est certainement capitale. Les valeurs héritées de nos prédécesseurs – en particulier la pérennité et la responsabilité – ont aussi certainement joué un rôle clé. Il y a dans notre histoire de magnifiques exemples de décisions sages, et nous nous devons de transmettre les valeurs sur lesquelles ces décisions sont fondées.

L'extraordinaire longévité de votre entreprise constitue-t-elle un argument dans la relation avec vos clients ?

> CH. : C’est primordial. Le cœur de la relation entre un Banquier Privé et son client réside dans la confiance que le banquier mérite. Notre longévité nous permet de nous tenir éloignés des discours séduisants et de montrer des faits. C’est une preuve de notre rigueur et de notre capacité à prendre des décisions pertinentes.

Les valeurs traditionnelles qui font la force de votre entreprise constituent-elles également un atout en matière de recherche et d’innovation ?

> CH. : Nos valeurs exigent de nous de nous adapter et d’anticiper constamment ; elles exigent donc de nous que nous innovions. Cela a toujours été le cas, du soutien à la création des chemins de fer au 19ème siècle jusqu’à des problématiques comme la mutation démographique à laquelle nous assistons et que nous devons aujourd’hui prendre en compte.

Quels sont, selon vous, les pièges les plus importants auxquels votre entreprise doit faire face pour conserver son indépendance ?

> CH. : Nous ne nous posons pas la question en ces termes. Notre indépendance est tout simplement essentielle pour notre modèle. Comme je le disais plus haut, nous avons d’ores et déjà développé une expertise innovante et performante dans le domaine des fonds d’investissement pour être sûrs de ne jamais dépendre d’autres établissements pour proposer à nos clients institutionnels des solutions intéressantes.

La volonté de votre famille de garder l’entreprise indépendante a-t-elle nécessité au fil des siècles des choix difficiles. Si oui, pouvez-vous nous en citer quelques uns ?

> CH. : Comme je le disais, nous n’avons jamais eu à résister à une situation menaçant notre indépendance, car nous avons toujours traité ce type de cas en amont. En revanche, nous avons pris des décisions qui garantissaient notre indépendance de manière durable.

La transmission de votre entreprise à un membre de votre famille est-elle régie par des règles clairement établies ?

> CH. : Bien sûr, nous avons des règles, et surtout un objectif clair. De facto, une succession réussie allie légitimité familiale et mérite personnel. Nous restons une société de personnes, et c’est de cette manière que notre Maison peut assurer sa pérennité.

La nouvelle génération est-elle déjà dans l'entreprise ?

> CH. : Oui, les sixième et septième générations des familles fondatrices sont représentées au sein de la Maison.

Auriez-vous un message à communiquer à toutes celles et ceux qui voudraient se lancer dans la création de leur entreprise familiale ?

> JT. : Je ne pense pas que l'on crée une entreprise familiale. On crée d'abord une entreprise et elle devient familiale, en grandissant autour des valeurs des fondateurs. Ça ne se décrète pas, ça se constate.
Pour ceux qui prennent la succession au sein d'une entreprise familiale, il faut d’une part être sincère, véritablement adhérer aux valeurs de l’entreprise, et d’autre part avoir cette volonté d’entreprendre, de faire évoluer et non de conserver un état de fait figé.