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Friedrich
Schwarze

Je représente la onzième génération en ligne directe des Schwarze et j’exerce les responsabilités de manager de cette société.

Mr. Schwarze, vous êtes un des membres allemands de l’association les Hénokiens. Pouvez-vous vous présentez ainsi que votre entreprise ?

> Friedrich SCHWARZE : Notre entreprise comme moi-même portons le même nom de Friedrich Schwarze. Je représente la onzième génération en ligne directe des Schwarze et j’exerce les responsabilités de manager de cette société.

Qui mieux que vous pouvez nous présenter votre entreprise et ses activités ?

> F.S. : Le nom de notre entreprise familiale est mentionné pour la première fois en 1664 dans un document officiel. Il est décrit comme une « Kornbrennerei », ce qui signifie une « distillerie de grains de blé.

Notre région d’origine, la Westphalie, est connue pour ses terres fertiles et pour l’excellente qualité des céréales récoltées par les agriculteurs. Au cours des siècles, mes ancêtres ont développé l’art de distiller le grain et notre « Kornbrennerei » est devenue l’une des distilleries les plus réputées d’Allemagne. Mon grand-père, Friedrich Schwarze, a largement contribué à cette réputation en vendant de l’alcool de grain en barils dans toute le pays et en le proposant en bouteilles à ses clients de Westphalie. L’emblème de notre entreprise, une silhouette noire d’un paysan westphalien portant un chapeau, fut l’un des premiers logos enregistré officiellement en Allemagne. Friedr. Schwarze a donc innové en créant une marque commerciale dans un monde qui ne connaissait jusque là que des catégories de produits. Au vingtième siècle, ma famille s’est évertuée à implanter et développer notre marque numéro un, le «Schwarze Weizen Frühstückskorn» comme l’alcool de grain («Korn») le plus réputé de la région, que l’on appelle depuis cette époque la «Rhénanie-du-Nord-Westphalie».

Quelle est l’implication de votre famille dans l’entreprise ?

> F.S. : La totalité des parts de notre entreprise familiale est détenue par mes trois soeurs, mon frère et moi-même. Actuellement, je suis le seul représentant de notre famille travaillant dans l’entreprise.

Quels sont, pour vous, les faits marquants de la société Schwarze depuis ces dernières années ?

> F.S. : En 1990, nous avons décidé, en accord avec la famille Schlichte, d’acquérir des marques importantes comme Original Schlichte Steinhäger, Kosakenkaffee (liqueur de café) et Bärenjäger (liqueur de miel). Ce contrat nous a permis de franchir une nouvelle étape en passant d’une société à marque unique à une société multi-marques. Pendant les années qui ont suivi, nous avons fait l’acquisition de quelques marques intéressantes positionnées sur des niches de marché comme Schwarzer Kater (liqueur de cassis), Spreewaldbitter, Sechsämtertropfen, Meyer’s Bitter et Café Oriental qui nous nous ont permis d’être présent sur l’ensemble du territoire national. Autre point important, grâce à nos marques vendues à l’international comme Bärenjäger (Etats-Unis, Japon, Afrique du Sud et Israël) et Leibwächter (Autriche), nos exportations dépasse à présent nos ventes sur le marché allemand.

Un autre fait marquant de ces dernières années : nous avons pris la décision en 1998 de fusionner nos activités locales d’embouteillage de Coca-Cola avec la société Berlinoise CCE AG présente sur l’ensemble du territoire allemand. Aujourd’hui, nous sommes actionnaires de cette important société qui détient 70 % du marché allemand du Coca-Cola.

En 2002, nous avons signé un contrat à long terme avec le célèbre monastère « Kloster Andechs » situé en Bavière afin d’obtenir la licence d’utilisation du nom de la bière Kloster Anders. Nous souhaitons ainsi profiter de la formidable renommée de cette bière pour installer une marque haut de gamme présentant les liqueurs produites sur la « Colline Sacrée
d’ Andechs »

En juin 2003, nous avons acheté à la société Racke une nouvelle usine d’embouteillage d’alcool située à Rinteln en Basse-Saxe. Avec cette acquisition, nous avons la possibilité à présent de concentrer nos activités d’embouteillage d’alcool sur ce seul lieu. Elle nous a également offert l’opportunité de compléter notre panel de marques avec des marques réputées de la société Racke comme le brandy Dujardin, le gin Uerdinger et le whisky Racke Rauchzart.

Comment expliquer la longévité de votre entreprise ?

> F.S. : Une entreprise familiale capable de survivre pendant plus de 340 ans doit tout d’abord avoir beaucoup de chance. Quand on pense à toutes les malheurs auxquels on peut être confrontés dans une vie - la guerre, les maladies, les crises économiques – on peut se réjouir d’être encore là aujourd’hui. Au-delà de la chance, je crois profondément que l’amour de notre profession et notre dévotion à la qualité, nous a aidé à passer tous les caps. J’ajouterais que, pour chaque nouvelle génération, c’est toujours un défi excitant de continuer avec succès ce que l’on a hérité de ses parents tout en essayant de s’adapter aux temps qui changent.

Est-ce que cette extraordinaire longévité constitue un argument dans la relation avec vos clients ?

> F.S. : Evidemment oui. Sur l’étiquette de chaque bouteille de Schwarze figure l’année 1664. Ces 340 années d’expérience en matière de distillerie nous aide à convaincre nos consommateurs et nos clients de la qualité extraordinaire de nos produits. D’ailleurs, parmi les marques allemandes de « Korn », les produits de Schwarze se situent au niveau de prix le plus élevé.

Est-ce que ces valeurs de traditions qui guident l’entreprise constituent un atout en matière de recherche et d’innovation ?

> F.S. : Nous ne sommes pas une entreprise où la technologie ultramoderne domine. Nous concentrons nos recherches sur la création de nouvelles recettes et sur notre développement commercial. J’espère que nos compétences acquises depuis de nombreuses années nous aideront à éviter de faire des erreurs graves dans le futur.

Quels sont, selon vous, les pièges les plus importants auxquels votre entreprise doit faire face pour conserver son indépendance ?

> F.S. : Au cours de ces dernières années notre entreprise a beaucoup grandi sur le marché de l’alcool. Un chiffre d’affaires à croissance rapide présente toujours un aspect séduisant mais cela peut devenir dangereux pour une entreprise comme la notre si le profit n’augmente pas à la même vitesse. En effet, seuls de bons résultats financiers renforcent la capacité d’une entreprise familiale à rester indépendante. Le deuxième piège, dans lequel on pourrait tomber, serait de diminuer la qualité de nos produits pour optimiser nos résultats financiers. J’espère que cela ne nous arrivera jamais car seule la qualité supérieure de nos produits constitue une base solide pour nos succès futurs.

La volonté de votre famille de garder cette indépendance a-t-elle nécessité au fil des siècles des choix difficiles ?

> F.S. : Pendant la crise économique mondiale des années 1920, mon grand-père Friedrich pris la décision de vendre la grande ferme familiale ainsi que d’autres biens pour assurer la continuité de la Maison Schwarze. Quand il perdit son fils unique, Friedrich, décédé pendant les derniers jours de la Deuxième Guerre Mondiale, il décida de transmettre l’entreprise à son gendre, - mon père Wilhelm - qui était banquier à cette époque considéra qu’il était de son devoir d’accéder à cette demande et pris même le nom de la famille Schwarze.

La transmission de l’entreprise à un membre de votre famille est-elle régit par des règles clairement établies ?

> F.S. : Oui, nous avons des règles strictes notamment en ce qui concerne la formation qu’un membre de la famille doit suivre avant d’intégrer l’entreprise familiale. Toutes les décisions concernant la succession sont prises en concertation avec des conseils extérieurs à notre famille.

La nouvelle génération travaille-t-elle déjà dans l’entreprise ?

> F.S. : Non, ma fille a 19 ans, mon fils 15 ans et les enfants les plus âgés de mes sœurs sont au début de leur formation.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets majeurs à plus ou moins longs termes ?

> F.S. : Nous voulons renforcer notre position nationale en acquérant d’autres marques situées sur des niches de marché. Cette stratégie nous permettra de poursuivre sur le rythme de croissance de ces dernières années. Nous souhaitons également commencer à importer des marques étrangères d’alcool sur le marché allemand. D’autre part, nous allons chercher des partenaires à l’extérieur de l’Allemagne pour développer nos exportation du « Bärenjäger » qui présente un fort potentiel de développement. Les marchés de l’Autriche et de la République Tchèque constituent nos prochains objectifs pour cette marque.

Auriez-vous un message à communiquer à toutes celles et ceux qui voudraient se lancer dans la création de leur entreprise familiale ?

> F.S. : Surveiller les efforts et les résultats de vos concurrents sur le marché.
Etre préparé à faire des erreurs tout en sachant en tirer systématiquement les leçons.
Développer des règles contraignantes pour qu’une partie de l’argent gagné reste dans l’entreprise.
Etablir des règles de succession dès la création de votre entreprise.