| |
 |
Coordonnées |
 |
 |
| |
Ditta
Bortolo Nardini
S. P. A
|
Distilleria d'acquavite
Ponte Vecchio, 2
36061 Bassano del Grappa - Italie
Tél : +(39) 0 424 227741
Fax : +(39) 0 424 220477
E-mail : nardini@nardini.it
Internet : www.nardini.it
|
|
| |
 |
|
 |
 |
| |
Certains
lieux, sans pour autant paraître prédestinés,
entrent de plein droit dans l'histoire et nouent avec elle des relations
si étroites que les événements et ces lieux
finissent par se confondre. |
Tel est le cas de la " Grapperia " Nardini qui, établie
en 1779 au pont de Bassano, a vécu plus de deux siècles
d'histoire, lesquels ont vu changer le sort de l'Europe.
Ainsi, à l'ombre de Venise, naquit cette "Grapperia",
création d'un certain Bortolo Nardini qui recherchait un
espace moins ingrat du Trentin pour produire et faire commerce de
sa "Grappa" (eau-de-vie de Marc).
Le local, aux dimensions plutôt restreintes, lui avait immédiatement
plu. Il était situé à l'entrée orientale
du pont de bois couvert, lieu de passage obligé et très
fréquenté. Quelques grosses jarres de cuivre, des
tables, un comptoir décoré selon le goût de
l'époque, il ne faut rien de plus pour un début qui
s'avère tout de suite heureux. Car la "Grappa"
de ce Nardini plaît non seulement à la population de
Bassano, mais également à tous ceux - et ils sont
déjà nombreux - qui y viennent pour leurs affaires.
La céramique a là son propre marché; les estampes
des Remondini bénéficient d'une notoriété
jusqu'à la cour des Tsars; les objets d'orfèvrerie
se vendent bien les jours de marché. La Brenta, d'ailleurs,
est une véritable voie d'eau et les radeaux chargent et déchargent
un peu de tout sous les fenêtres mêmes de la "Grapperia".
Mais bientôt l'histoire fait son entrée en scène,
et la "Grapperia" Nardini se trouve au centre des événements
plus que n'importe quel autre endroit de la ville. En 1797, les
Français commencent à vider les grandes jarres débordantes
de "Grappa"; puis ce sont les Autrichiens quand Napoléon
échange avec eux la Vénétie contre la Lombardie
;
les Français reviennent ensuite et restent cette fois-ci
neuf ans, jusqu'à la débâcle de Waterloo.
Finalement, les Autrichiens reprennent place pendant plus d'un demi-siècle,
jusqu'à l'annexion de la Vénétie au jeune royaume
d'Italie en 1866.
Cette succession de vaincus et de vainqueurs, avec son inévitable
cortège de fonctionnaires civils, d'administrateurs, de techniciens,
foule désordonnée et instable qui choisit la "Grapperia"
Nardini comme lieu de rencontre, lui confère sans le savoir
une consécration historique.
|
|
|
|
L'histoire du pont et celle de la "Grappa" Nardini sont
tellement rapprochées qu'elles se confondent et n'en font
plus qu'une, ce qui est très agréable et bénéfique
en temps de paix, mais beaucoup moins en temps de guerre. Pourtant,
la célébrité du pont - et peut-être celle
de la "Grappa" - est liée aux hostilités,
et tout particulièrement à la Première Guerre
Mondiale, dont le théâtre des opérations englobait
le haut plateau d'Asiago et le Mont Grappa. Accueillie avec sympathie
par les combattants, la "Grappa" les réchauffe
durant les longues nuits passées dans les tranchées
et les aide à ne pas perdre l'espoir au lendemain de la défaite
de Caporreto.
Mais une fois le conflit terminé, l'habitude de la petite
"Grappa" n'est point abandonnés. Son parfum et
sa saveur deviennent synonymes de jeunesse héroïque
et d'amour...
Hélas! La Seconde Guerre Mondiale éclate. Les alcools
sont rapidement réquisitionnés. Les hommes partent
au front. Les Nardini se débattent au milieu de mille difficultés
mais maintiennent leur "Grapperia" ouverte, témoignage
de civilisation au sein de tant de barbarie.
En 1945, les Allemands, en retraite, font sauter le pont. C'est
la fermeture. Mais un an plus tard, le pont et la "Grapperia"
Nardini renaissent à la vie. Le reste relève de la
chronique des années d'après guerre. Hemingway, Eleonora
Duse, Cesco Baseggio, Del Monaco, la Reine-Mère d'Angleterre,
personne ne manque d'accomplir le pèlerinage au sanctuaire
de la "Grappa"; ainsi, par-delà les vicissitudes
de l'histoire, la magie continue d'opérer, grâce peut-être
à l'atmosphère exceptionnelle du lieu. Car c'est celle
de jadis, mais sans la froideur et l'austérité des
sites chargés de gloire. Chaque détail est le témoin
d'une époque et d'un art de vivre ; tout conserve un pouvoir
d'évocation, de l'image de piété des Remondini
aux grands récipients de cuivre, en passant par la petite
grille qui aligne les numéros du loto, joués un certain
samedi d'une certaine année sur la roue de la fortune...
La manie de la nouveauté n'a jamais eu prise sur les Nardini.
La "Grapperia", l'étiquette et, surtout, la façon
de faire la "Grappa" restent les mêmes. Il n'y a
pas de raison profonde de changer ce qui a été décidé
en 1779. Mais cela ne signifie pas pour autant que le poids de la
tradition ait étouffé tout esprit d'innovation, bien
au contraire. Si la "Grapperia", après plus de
deux siècles d'existence, est restée celle de jadis,
l'entreprise, dirigée de père en fils par les Nardini,
a su cheminer avec son temps en conciliant progrès et tradition,
à tel point qu'aujourd'hui elle est à l'avant-garde
dans le domaine mondial des eaux-de-vie.
|
|
Retour
haut de page
|
|